La Palme des Glénan : 6h10 en pleine mer
Le récit de la traversée Cap Coz → Penfret, 19 km à la palme en pleine mer ouverte. Ce que j'ai vécu, minute par minute, à partir du 11e kilomètre.
Le 2 août 2025, à l’aube, j’ai posé mes palmes sur le sable de la plage du Cap Coz, à Fouesnant. Devant moi : 20 kilomètres de mer ouverte, l’archipel des Glénan quelque part dans la brume, et six heures qui allaient me rappeler, une fois de plus, que le corps peut aller beaucoup plus loin que ce que l’esprit accepte d’abord de croire.
Les premiers kilomètres
Le début est toujours trompeur. Le corps est frais, les palmes mordent bien dans l’eau, le rythme s’installe. On flotte sur la confiance des semaines d’entraînement. Le soleil commence à percer. Je me dis que c’est beau, que j’ai de la chance, que je suis exactement là où je dois être.
Les 10 premiers kilomètres se passent bien. Je gère mon rythme, je m’hydrate, je surveille ma position par rapport aux points de repère. La mer est relativement calme. Tout va.
Le 11e kilomètre
C’est là que ça commence vraiment. Pas d’un coup, progressivement. D’abord une tension dans le quadriceps gauche. Puis l’autre. Puis les crampes.
Dans l’eau, une crampe n’est pas juste douloureuse, elle est dangereuse. Il faut la gérer sans paniquer, sans s’arrêter complètement, sans laisser le corps couler pendant qu’on attend que ça passe. J’ai appris à respirer dedans, à relâcher ce que je pouvais relâcher, à continuer avec ce qui marchait encore.
Le vent d’ouest
Dans les derniers kilomètres, le vent s’est levé. Vent d’ouest, force 3-4, face à moi. Chaque coup de palmes rendait deux fois moins de distance. J’ai regardé Penfret qui semblait ne pas se rapprocher.
C’est là, dans ce moment, que tout le travail de coaching prend son vrai sens. Pas la technique, la technique, j’avais. Mais la gestion de l’instant quand le corps dit non et que l’objectif semble s’éloigner. Descendre en dessous du bruit. Continuer.
L’arrivée
6h10 après le départ, j’ai touché le sable de Penfret. Je ne me souviens pas exactement de ce que j’ai ressenti. Soulagement ? Joie ? Épuisement pur ? Probablement les trois en même temps, dans un ordre que je ne saurais pas démêler.
Ce dont je me souviens, c’est que France 2 était là. Que des gens avaient suivi. Que quelque chose avait été accompli, pas seulement pour moi.
Ce que ça m’a appris
Chaque défi m’apprend quelque chose que je n’aurais pas pu apprendre autrement. La Palme des Glénan m’a confirmé ce que je sais de mes clients : la limite n’est presque jamais où on pense qu’elle est.
On s’arrête avant. On s’arrête parce qu’on imagine ce que sera la douleur dans deux heures, pas parce que la douleur maintenant est insupportable. Gérer ses projections, c’est 80% de la performance mentale.
Le prochain défi, Pors Meillou → Concarneau, 35 km en deux jours, septembre 2026, sera construit sur ce que j’ai appris ici.
Prochaine étape
Vous voulez aller plus loin ?
Ce que vous venez de lire est le reflet de ce que je transmets dans la VEP (Votre Équation Personnelle), un parcours structuré pour comprendre et transformer durablement ce qui vous bloque.